14 juillet 2012

HOMMAGE AU CAPITAINE DURANTON

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 Le Capitaine DURANTON était un ancien para Légion, blessé à une jambe d'une rafale de mitraillette pendant la guerre d'Indochine. Quand il était en opération en Algérie avec son commando de chasse V 66, il marchait avec une canne. Il arrivait que certains qui le voyait souffrir en marchant lui disaient : " Mon Capitaine, donnez moi votre sac". Chaque fois, il répondait : " Non, vous, vous n'avez pas demandé à venir ici, moi oui".

Toute la Compagnie avait mainte fois constaté sa connaissance de la guérilla qu'il avait acquise en Indochine, à la tête d'un commando composé d'Indochinois. Il nous a évité bien des morts et des blessés.

Il avait aussi des qualités humaines. Ceux qui avaient crapahuté pendant 18 mois, les 10 derniers mois, il essayait de les affecter à la cuisine, au mess, dans les bureaux, chauffeur etc...Mais, comme il n'y avait pas de place pour tous, il choisissait en priorité ceux des groupes FM, car porter la musette de chargeurs en plus du reste fatiguait les organismes.

Il pensait aussi à améliorer notre confort, quelques exemples : En trouvant de l'argent pour nous construire des douches, obtenir des tentes américaines en remplacement des grandes tentes peu confortables etc..Il a aussi pensé à nos harkis en leur faisant construire des mechtas près du camp, pour eux et leurs familles.

C'était le 1ére Classe Gaston TISSIER qui lui coupait les cheveux. Le 1ère Classe André BATTENT était classé forte tête au 92ème R.I. à Clermont Ferrand. Le Capitaine DURANTON lui dit : " Forte tête, tu seras mon chauffeur.". Et tant d'autres doivent avoir des souvenirs de lui !!!.

Aujourd'hui, tous les anciens connus du V 66 lui sont  très reconnaissants, C'était un bon Capitaine, un Père pour nous tous).

A ce jour, nous n'avons aucune photo de lui. Peut-être que demain, en trouverons nous une.

Hommage rendu par le Brigadier/Chef Jacques PIGNOL.

 

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MERZOUGUI_SAR_1Photos de la Ferme S.A.R. en 2013 (Cliquer ICI)

 

 

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Questions

 

 

Adjudant Julien COPEAUX

 RECHERCHES par son petit fils :  Qui a connu l'Adjudant Julien COPEAUX à la CCAS ou à la 3ème Compagnie du 4ème Zouaves de mai 1959 à fin 1960 ?

 

aux Anciens du Commando V 66 :

Le Lieutenant Philippe LEMAITRE, dit "Pecos Bill" a t'il commandé le Commando tout entier ou commandait il une des Sections ?

Le Fanion ci-dessous était il celui du Commando V 66 ou celui d'une de ses Sections ?

merci d'envoyer la réponse : auboin.claude@wanadoo.fr

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Collection J. Pignol

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 Collection D. Huet

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Collection J. Pignol


Qui se souvient de ce " vitrail " peint sur un des murs d'une popote du Commando V 66 ? De quel poste ?

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QUI PEUT IDENTIFIER CE POSTE ? : Réponse de Monsieur MERZOUGUI : Dar Kebira.

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Collection M. Aygalenc. .

 

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  Insigne tissus du Commando V 66

 Cet écusson à la forme d'écu, en fil de laine et coton de couleur rouge, porte en son centre un motif brodé en fil de coton blanc et noir représentant un trident de gardian en Camargue, surmonté de l’inscription : « Commandos de chasse ». Il est l’insigne distinctif de tous les commandos de chasse, porté sur le haut de la manche droite du treillis, indépendamment de l’insigne métallique ou en tissu créé par un certain nombre d’entre eux et qui leur était propre.

Ce trident camarguais, motif central de l’écusson, a été retenu en honneur au général CHALLE, natif de cette région de Camargue, chef des armées en Algérie, qui a créé les commandos de chasse fin décembre 1958.

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Collection J. Pignol

Créé en décembre 1959 par transformation de la 3/4ème Zouaves, le Commando de Chasse était basé à la ferme S.A.R., près de M'Sila. A son commandement, le Capitaine DURANTON, homme de terrain formé à la guérilla en Indochine, avec une soixantaine d'hommes du contingent, plus une quarantaine de Harkis de la Harka 707, tous bien entrainés par de nombreuses opérations dans les djebels. A la ferme S.A.R., il a cohabité avec le Peloton Cynophile de décembre 1959 à mai 1961. En juillet 1961, il est parti cantonner à Ouala des Beni Hammad où était antérieurement le PC du 4ème Zouaves, pour être dissous quelques mois plus tard. 

Le Chef d'Escadrons Guy CANIOT du 12ème R.C.A., Commandant le Quartier de M'Sila de mai 1960 à avril 1961, qui a bien connu les hommes de ce Commando pour leur avoir confié des missions, disait d'eux : " Cétait une bande de jeunes Officiers fonceurs et une Troupe qui en voulait."

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    DOCUMENTS

 

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 Collection J. Pignol

 

Couteau Trèfle du Zouave François PENTECOTE du Commando V 66.

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Quelques  Zouaves du Bataillon

 

Le Lieutenant HAMILTON était une figure emblématique du Bataillon. Chef de Section à la 2ème Compagnie, d'allure très British, en opérations toujours en képi, une badine à la main, il restait debout sans se soucier des balles qui sifflaient autour de lui.
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Eté 1961 - Le S/Lieutenant Paul FAVIER à la ferme Maader 300, près d'Aïn-Arnat. Au PC du 4ème Zouaves d'avril 1961 à octobre 1962, il a commandé la Section "Grenadiers-Voltigeurs" succédant au Lieutenant BUFFETEAU, puis est devenu l' Officier Transmission du Bataillon.

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 Collection P. Favier

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Eté 1961 - Oran, Jardins de l'Etang - Le S/Lieutenant Robert RAMIREZ en 1961 et 1962 au Commando V 66

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Collection P. Favier.

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 Eté 1960 - Le Sergent/Chef Jean BERGEIRE du Commando V66 à Alger.

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Collection J. Bergeire

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Le Sergent Marc-Louis GODIGNON est affecté à la CCAS le 4 décembre 1959, puis commande la Section d'Appui. Il quitte le Bataillon le 11 juillet 1960.

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Collection M.L. Godignon

 

Le Sergent René MUSSATI arrive au Bataillon le 1er février 1961, il est affecté à la CCAS de la 4ème Compagnie, sous les ordres du Capitaine FIORE. Il commande une Section d'Appui, puis il devient responsable des popotes Officiers et S/Officiers. Il quitte le Bataillon le 25 décembre 1962.

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Collection R. Mussati

Le Sergent Jean ADELL rejoint le Bataillon mi janvier 1960. Notamment, il est affecté au Poste de Zitoune de la 1ère Compagnie, puis au camp du Ksob où là, le 5 novembre 1960, il reçoit une rafale de PM sur un pied. Il est évacué à l'hôpital de Sétif et quitte définitivement le Bataillon

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Collection J. Adell

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Le Zouave Claude CHABERT de 1960 à 1962 qui sera Sergent au Commando V66 un mois avant la fin de son Service Militaire.

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Collection J. Pignol

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Le Sergent Bernard MARGERAND de 1959 à 1961 au Commando V 66

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 Collection J. Pignol

 

Le Sergent Claude DEVILLE-CAVELLIN  vient de Tunisie avec le Bataillon, puis d'août 1958 à Septembre 1959, il est affecté à la 3ème Compagnie, Commando de chasse V66.

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Collection C. Deville-Cavellin

 

Le Sergent René SANTARELLI arrive à M'Sila le 23/09/1959 et est affecté à la 3ème Compagnie. Nommé Caporal courant 1959, il passe Sergent le 16/11/1959. Il est décoré de la Valeur Militaire le 18 juin 1960 et quitte le Bataillon le 24/08/1960. 

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Collection R. Santarelli

 

Le Caporal/Chef Jacques PIGNOL, Classe 59 1/B, arrive au Bataillon à M'Sila en août 1959, il est affecté à la 3ème Compagnie qui devient le Commando de chasse V 66 où il est Caporal Chef de pièces FM, puis à partir de septembre 1960, il devient fourrier et gérant des Mess Officiers et S/Officiers à la ferme S.A.R., dont l'approvisionnement des boissons se fera à l'épicerie DACHOUCHA à M'Sila. Il quitte le Bataillon en août 1961.

 

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  Collection J. Pignol

 

A droite, le Caporal/Chef Roland LIGEROT de la Classe 59 1/C à la CCAS de Bichara.

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.Collection R. Ligerot

 

Zouave de 1ère Classe Milou PIETRI de 1959 à 1961 au Commando V 66

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Collection J. Pignol

 

Le Zouave Maurice AYGALENC du Commando V 66

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Collection M. Aygalenc


Le Zouave Claude BATTUT, avec son béret sur l'épaule, sur le "Kairouan" entre Oran et Marseille.

 

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 Collection C. Battut

 

Le Caporal/Chef Jean-Baptiste MONTAGNER, Classe 59 2/C. du Commando V 66.

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 Collection J.B. Montagner

 

Le Zouave Marius FAYE du Commando V 66

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Collection M. Faye

Le Zouave Gaston TISSIER du Commando V66

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 Collection G. Tissier

 

Le Zouave CATALAN du Commando V66.

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Collection J. Pignol

 

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TEMOIGNAGES & ANECDOTES

 

 

ZOUAVES_BERGEIRE_copie  Récit du Sergent Jean BERGEIRE concernant l’opération du Kef el Assel.

 

Cette opération a été déclenchée suite à des renseignements fournis par le Commandant CAGNIOT, obtenus auprès d’un rebelle rallié. Ce dernier avait été détaché à la deuxième Section du Commando V66, puis pour action, à mon groupe de Harkis.

Le 27 décembre 1960, nous sommes intervenus dans la forêt du Hammam guidés par ce rallié. Nous avons contrôlé une première grotte non loin de la Maison Forestière. Il y avait des traces récentes de passage : braises encore chaudes, vestiges de repas, petit matériel, vêtements. Dans l’après-midi, nous nous sommes dirigés vers l’est en direction du poste du Hammam Dalaâ. A environ deux kilomètres avant le poste du 2ème Escadron du 12ème RCA, commandé par le Capitaine CLAVIE, nous avons encore contrôlé une cache utilisée parfois par les rebelles, là aussi des traces, mais pas de rebelles ! Après ces deux vérifications sans résultats, le rallié m’indiqua qu’il y avait une autre grotte importante située sous le sommet du Kef el Assel, face au poste du Hammam. Après une pause chez les Chasseurs d’Afrique, nous sommes partis de nuit vers le sud pour contourner les falaises du Kef el Assel et remonter vers le sommet par le versant Sud.

Le Commando V66 était alors commandé par intérim, en l’absence du Capitaine DURANTON, par le Lieutenant Philippe LEMAITRE. La deuxième Section progressait en tête avec mon groupe de Harkis. Après une nuit de marche, nous sommes arrivés au sommet du Kef el Assel au lever du jour, le 28 décembre 1960.

Le rallié nous avait conduits juste au dessus de la grotte indiquée, elle était située à 3-4 mètres en dessous du sommet. L’accès était difficile, il y avait deux ouvertures opposées et parallèles à la falaise. Une grande orientée Ouest, la deuxième très petite, prévue pour le passage d’un seul homme, orientée Est. A cet endroit, la falaise s’élevait à environ 80 mètres. Le Lieutenant LE MAITRE m’a demandé de vérifier, avec mes Harkis, les possibilités d’accès, et éventuellement, la présence du groupe rebelle. Le reste de la Section demeurait en couverture et soutien. Les autres Sections du Commando étaient en réserve sur la pente Sud du Kef.

Dès notre approche, nous avons essuyé un feu nourri. Trois Harkis étaient chargés de l’ouverture Est, avec mes autres Harkis, nous avons réussi à nous positionner sur un éperon rocheux dominant la falaise, juste à proximité de l’entrée principale. Notre position était délicate, le vide derrière nous, l’ennemi devant. Malgré nos tirs et lancés de grenades, les rebelles ripostaient, déterminés. Le rallié m’a alors indiqué que la grotte était grande et profonde, avec des murets de protection, d’où le manque d’efficacité de nos tirs. En me déplaçant pour mieux ajuster mon tir, j’ai été blessé par balle à la main et au bras gauches. L’infirmier du Commando me fit des pansements, une piqure, et immobilisa mon bras.

Après avoir discuté de la situation avec le Lieutenant LEMAITRE, ce dernier décida de demander l’intervention de l’aviation. Après avoir mis mes hommes à l’abri, deux Corsaires venant de Telergma sont entrés en action en tirant des roquettes, mais sans grands résultats, les ouvertures à atteindre étant orientées le long de la falaise.

Le Lieutenant LEMAITRE demanda ensuite l’aide du Capitaine CLAVIE, Commandant le 2ème Escadron des Chasseurs d’Afrique, qui détacha un obusier. Ce dernier installé sur le chemin du Hammam, à environ deux kilomètres, effectua une série de tirs d’obus contre la paroi de la grotte, car vu la disposition des lieux, il était difficile de cibler les ouvertures.

J’avais demandé au Lieutenant LEMAITRE l'autorisation de pouvoir continuer l’action avec mes Harkis : autorisation accordée. Aussitôt la levée des tirs d’obus, avec mon groupe, je repris ma position vers l’entrée de ma grotte, aidé pour cela par le Caporal/Chef Suissi KUIDER. Les tirs reprenaient, mais moins intenses, les rebelles devaient être déstabilisés, peut-être manquaient-ils de munitions.Les parois de la grotte étaient marquées par les impacts, mais avaient résisté. Peu avant la fin du combat, j’ai vu un rebelle sauter dans le vide depuis l’ouverture Est, il était en uniforme et tenait son arme à bout de bras.

Après six heures de combat, il fallait en finir. Lors de la phase finale, avec cinq Harkis volontaires, accompagnés d’un Maître chien du 12ème RCA, nous avons investi la grotte par l’entrée principale. Bilan : 9 rebelles tués, 4 blessés prisonniers, 7 armes récupérées. De notre côté : 2 blessés, le Caporal/Chef Suissi KUIDER et moi-même.

A ma demande, un prisonnier m’indiqua que l’homme qui avait sauté était leur chef. Concernant l’armement, certains rebelles à cours de munitions avaient préféré jeter leurs armes dans le vide. Les renseignements concernant le chef rebelle et l’armement jeté du haut de la falaise étaient transmis au Pelotons du 12ème RCA qui ratissaient la forêt au pied des falaises. La végétation y était dense et l’accès difficile dans les épineux et les rochers. Je n’ai pas connu les résultats des recherches, car j’ai été évacué vers l’hôpital militaire de Sétif pour soigner mes blessures. Je ne revins à M’Sila qu’à la fin de février 1961.

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Entre temps, le Commando V66 avait continué ses actions. Le 19 février 1961, au cours d’un violent accrochage avec une Katiba sur les djebels du Guedil et du Boutaleb, dans la région de Roche Arnaud, le S/Lieutenant Robert RAMIREZ, à la tête de sa 2ème Section du Commando, était grièvement blessé et évacué également à l’hôpital militaire de Sétif. Malgré un pronostic alarmant, il devait s’en tirer.    

 

ZOUAVES_PIGNOL_portrait  Caporal Chef Jacques PIGNOL du Commando V66 :

 

MON ARRIVEE AU 4ème ZOUAVES

Mai 1959, je reçois mon affectation pour accomplir mon service militaire. Au début, quatre mois de Classes au 92ème Régiment d’Infanterie à Clermont-Ferrand dans un Peloton d’élèves gradés. Début août 1959, embarquement à Marseille sur le bateau « Kairouan ». Après une traversée de 20 heures, nous arrivons à Alger avec un collègue auvergnat, et nous sommes affectés au 4ème Bataillon de Zouaves, 3ème Compagnie.

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Après une journée passée à Alger, nous sommes dirigés sur Akbou où une Section du 4ème Zouaves était en partance pour la ferme S.A.R. à M'Sila. La première nuit de mon arrivée à Akbou, je suis de garde pour 2 heures, je ne serais relevé que 4 heures après ! Les anciens me traitent de bleu et qu’il faut les soulager des gardes ! Un de ces anciens, le première Classe SUREAU, un rappelé, il en était à son 30ème mois de service, avec qui, dès le début j’ai sympathisé, me prend avec lui pour pouvoir m'intégrer plus facilement à ma nouvelle vie. Je n'ai pas oublié ce copain, un gars super sympa.

Arrivé à la ferme S.A.R., je suis placé dans un groupe. Il y avait un manque de caporaux. Tout de suite, je suis rentré en fonction comme chef de groupe FM. Dans cette Compagnie règne une discipline de fer, plus dure que dans une caserne.

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Départ pour Philippeville pour servir de troupe de manoeuvre au Stage d’Adjudants qui veulent devenir Officier. Je suis le radio d'un Général, celui qui note les Adjudants pendant et à l’issu de leur stage. De retour à la ferme S.A.R., mon copain SUREAU est libéré et on nous annonce que la Compagnie devient un commando de chasse, le V 66. Nous touchons un paquetage complémentaire comprenant veste camouflée, rangers, cachabia, béret noir, casquette Bigeard etc.

Plage de Philippeville : Zouaves Jacques PIGNOL et Paul SUREAU

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Avec l'arrivée du Capitaine DURANTON, un ancien para, les cadres sont mutés et de nouveaux arrivent, et avec eux une ambiance para. Finit la dureté de la discipline, des corvées, etc, Le Capitaine DURANTON fait venir de BBA une dizaine de prisonniers non dangereux pour faire toutes les corvées. Nous, notre rôle, le crapahutage, au camp nous sommes libres. Ecrire notre courriers, laver notre linge, entretien de nos armes, écouter la radio, etc  Un changement à 100% ! Mais physiquement, c'est très dur !!!

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A PARTIR DE LA COMMENCENT LES OPERATIONS DANS LE HODNA, LES MAÂDID, LA REGION DE  BOU-SAÂDA.

 *

LES OPERATIONS AU COMMANDO DE CHASSE V 66

Nous avions trois sortes d'opérations. 

1/ celles organisées avec d'autres Compagnies du 4éme Zouaves, avec le 12ème RCA, et  avec d’autres Régiments, sous les ordres d'un Colonel.

2/ celles dites de chasse libre.

3/ celles ponctuelles d'une journée avec une seule section.

Opération n° 1 : Après avoir reçu ses Ordres de l'échelon supérieur, le Capitaine DURANTON réunissait ses Chefs de Sections pour mettre au point le déroulement de l'opération.

Les Caporaux avec leurs hommes se rendaient au réfectoire pour toucher les rations, trois boites pour 3 jours et une boule de pain. (Ensuite, si l'opé se prolongeait, le ravitaillement suivait). Dans chaque équipe, le Caporal vérifiait la tenue de ses hommes : veste camouflée, pantalon treillis kaki, casquette Bigeard, ranger ou pataugas etc...Tous les Commandos devaient être habillés de la même façon. Une exception, le Capitaine portait un pantalon treillis camouflé et le béret noir pour se distinguer.

Vérification des armes et des munitions, ne pas oublier la musette de chargeurs du FM (Bon sang qu'elle était lourde cette musette avec en plus tout notre barda). Il ne fallait pas non plus oublier sa gourde remplie d'eau, en opé cette eau était rare. Il en était de même pour nos harkis de la Harka 707.

Des camions bâchés venaient nous chercher et  roulaient plusieurs heures, jusqu'au moment où la marche à pied prenait le relai. A ce moment, le ratissage pouvait commencer, le déploiement se faisait sur ordre du Colonel commandant l'opération. Une fois celle-ci terminée, retour aux camions qui nous ramenaient à notre camp pour un repos bien mérité. 

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Opération n°2 : Celle dite de chasse libre. Le Capitaine était le seul maître. Il dépendait directement de l'Etat Major du General CHALLE. Comme à son habitude, le Capitaine réunissait ses Chefs de Sections pour donner ses Ordres concernant l'opération prévue. Là également, les Caporaux organisaient leurs équipes. Il y eu quelques opérations héliportées dans des hélicos nommés «Bananes ». Notamment pour les opérations "JUMELLES" et "ETINCELLE". 

3/ Opération n° 3 d'une journée. Elle se déroulait sous le commandement d'un Officier avec sa seule Section dans les douars proche de notre camp.

 *

MISSION MOUTONS

Au printemps 1960, une mission particulière fut commandée au commando V66 : Aller au sud de M'Sila pour prendre une cinquantaine de moutons dans une ferme d'un fella. 

Motif : Représailles envers lui suite à sa collaboration avec les HLL.

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Une fois rendu à cette ferme, chacun d'entre nous courut après un mouton pour le monter dans un camion. Après deux heures de travail, les moutons étaient chargés dans le camion et nous étions prêts à partir.

C'est alors que nous voyons arriver tous les villageois en criant : « Nos moutons, nos moutons ! ». Après discussions, il s’avérait que la moitié de ces moutons appartenait à ces villageois. Notre erreur étant réparée, nous pouvions repartir. 

Notre récompense : Quelques uns de ces moutons nous furent donnés et au début de l'été 1960, nos Harkis nous préparèrent un méchoui de bon souvenir !

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OPERATION DESERT

Courant mai 1960, une caravane suspecte fut signalée dans le désert se dirigeant vers Bou-Saâda. 

Le Commando V66 reçut la missioin de l'intercepter. Comme il fallait faire vite, nous fûmes héliportés avec un peu d'angoisse, car c’était la première fois que nous montions dans un hélico et que nous allions fouler le désert, endroit inconnu pour nous. 

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Rapidement, nous avons intercepté cette caravane, plusieurs suspects furent arrêtés et conduits au 2ème Bureau du Secteur à M' Sila. Nous avons également fouillé plusieurs campements de Bédouins, ce qui nous a fait découvrir encore une autre façon de vivre de ces populations d 'Algérie.

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Collection J. Pignol

 

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UNE PISTE QUI MENAIT NULLE PART !

En juin 1960, nous fûmes amenés à aller faire une opération dans un coin du massif du Hodna, un lieu où il n’y a que des cailloux, sans végétation, et où à cette époque de l'année, les oueds sont presque tous à sec. Nous avions chargé des tonneaux d’eau sur le dos des ânes qui furent conduits par les Harkis de la Harka 707, sous la responsabilité de leur caporal LAMARA.

Les camions nous emmenèrent là où la piste s'arrêtait, et nous nous mîmes à escalader cette montagne. Dans les cailloux, nos chevilles allaient souffrir. Après deux jours de marche, une nuit, nos Harkis ne trouvèrent pas mieux que de se laver les pieds avec la précieuse eau. Le Capitaine DURANTON était furieux, mais pas question de faire demi-tour, nous devions encore crapahuter pendant 3 jours. Nos gorges étaient tellement sèches que nous fûmes obligés de faire couler dans celles-ci un peu d'huile de nos sardines pour les adoucir ! Enfin, nous trouvâmes un oued où coulait un filet d'eau boueuse et infecte. Comme nous l’avaient appris nos anciens, nous filtrâmes cette eau dans nos casquettes. Une fois récupérée dans nos gourdes, nous y ajoutâmes une pastille de chlore pour la désinfecter. Notre marche continua sous la chaleur. Enfin, nous aperçûmes un village dont les maisons étaient construites avec les pierres du secteur. Qui pouvait bien vivre ici, loin de toute civilisation, sans même une piste pour y accéder. Nous fûmes accueillis par des vieillards et des enfants qui n'avaient jamais vu de Français, sauf deux ou trois qui avaient travaillé en France, dont un chez Michelin à Clermont-Ferrand. Les adultes, hommes et femmes, étaient partis se cacher… où ? Mystère !

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Nous interrogeâmes la population présente, mais aucun des villageois n'avait jamais vu de fellagas. Nous connaissions déjà cette réponse. S’ils parlaient, ils savaient ce que leur feraient les fellagas…Ici, leur façon de vivre, leur condition, leurs coutumes, nous étions en plein moyen-âge.

Nous poursuivîmes notre route en direction d'autres villages isolés, pour, à chaque fois, entendre la même réponse : «Jamais vu de fellagas ! ». La peur était là, présente, mais l'important c'était de montrer aux populations ainsi qu’aux fellagas cachés, mais qui devaient nous observer, que nous pouvions être là à tout moment.

Après 6 jours difficiles, nous étions de retour à la ferme S.A.R. Ce genre d'opération use les organismes, nous n'étions pas des militaires professionnels, mais des appelés du contingent qui accomplissaient leur devoir.

 *

Stage commando à Phillippeville.

En juillet 1960, un stage commando d'une durée de 15 jours fut organisé pour le Commando de Chasse V 66, à Phillippeville, dans la baie de Stora. Le camp était tenu par un Régiment de la colo, le stage, lui, était organisé par une Section de parachutistes. Le programme du stage était composé d’un mélange de théorie et de pratique sur le terrain. 

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La théorie :

- comment fouiller une mechta avec le moindre risque.

- savoir évoluer sur le terrain en fonction de celui-ci.

- en cas d'accrochage, comment se déployer, bouger et se replier. 

- etc......

Ensuite la théorie était mise en pratique sur le terrain, avec également du sport, gym, volley, rugby militaire, close combat, marche forcée avec tous notre équipement, parcours du combattant comprenant un passage sur pont de singe entre deux falaises au dessus de la mer, la roulette jusqu'à la mer, ramper sous un grillage avec une AA52 qui nous tirait au dessus des oreilles, et à la fin du parcours, un para nous lançait une grenade à plâtre dégoupillée afin de l’envoyer dans une mechta sans toit. 

Un stage très difficile en plus de la chaleur. 

L'avant veille de notre départ, alors que nous étions tous couchés, réveil, rassemblement et discours du Capitaine DURANTON qui nous expliqua qu'une offense était faite au Commando V66. On lui avait volé sa jeep, il fallait se tenir prêt à intervenir. Les harkis avaient été placés en embuscade sur la route de Phillippeville au cas où des paras auraient eu l'idée d'aller faire un tour avec sa jeep. 

Le Capitaine DURANTON et ses cadres firent sortir de leur chambre les Officiers para, PM dans le dos, Le Lieutenant qui gérait le camp, un pleurnichard, dit au Capitaine qu'il allait passer en Conseil de Guerre. Le Capitaine DURANTON, lui, le menaça de raser son camp avec ses hommes. 

Les Officiers para voyant que l'affaire tournait mal lui rendit sa jeep qu'ils avaient cachée. 

Le Capitaine DURANTON, un vrai dur, et qu'elle histoire !

*

 

Le sauvetage d'un chien sloughis.

 

En 1960, au cours d'un contrôle d'identité au douar Saida, un jeune chien sloughis maltraité vint se faire caresser par le Sergent Henri PIGNOL. Après quelques caresses, Henri lui offrit sa boite de corn beef.

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  Ce pauvre chien n'avait jamais fait un si bon repas ! Aussi, quand les camions repartirent, le chien se mit à courir derrière celui où était Henri PIGNOL ! Le camion s'arrêta pour le faire monter et  arriver à la ferme S.A.R..

 Le vétérinaire l'examina, lui fit les vaccins nécessaires et par la suite, le chien eu une bonne nourriture. Très affectueux, il resta fidèle à Henri PIGNOL qui, à sa libération, l'emmena avec dans son Auvergne natale où il coula de beaux jours.

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Une mission avec le 2ème Bureau de M'Sila.

Un soir d'octobre 1960, un Sergent, le Brigadier Jacques PIGNOL et 4 hommes furent désignés pour accompagner un Lieutenant du 2ème Bureau de M'Sila et son guide, avec pour mission d'aller récupérer deux faussaires en faux papiers et leurs matériel dans un village des maâdid.

Exigence du Lieutenant : Un PM chacun, un seul chargeur et une grenade, plus une gourde d'eau. Après avoir roulé deux heures dans un camion, puis autant à pied à allure forcée, nous sommes arrivés au village désigné par le guide. Pas un bruit, tout le monde dormait, même pas un aboiement de chien, ce qui était bizarre.

Le guide nous conduisit à la mechta et rapidement les deux faussaires furent arrêtés. Le matériel fut saisi dans un grand silence, puis retour comme nous étions venus.

Le Lieutenant nous félicita et disparut avec son guide et les deux prisonniers. Pour nous, la mission était terminée, elle aurait pu être dangereuse pour nos vies.

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Noël 1960 au Commando V66

Il est 22 heures le 24 décembre 1960. Nous nous apprêtons à fêter noël avec un repas amélioré.

A ce moment une alerte est donnée, quatre gendarmes viennent d’être assassinés sur la place de M’Sila. Préparation en toute hâte, les camions nous amènent en direction des Maâdid. Nous crapahutons jusqu'à deux heures du matin pour arriver sur le piton dit « le chapeau chinois » qui cumule à plus de 1000 mètres, face aux Maâdid. Ceux-ci sont enneigés et il y fait un froid de canard. Le Capitaine DURANTON ordonne de préparer le bivouac. Chaque équipe se met en position de chouf, nous dormons serrés les uns contre les autres, sauf BEUCHER qui lui, dort serré contre son FM, il faut dire que le FM, c'est notre assurance vie.

Le "Chapeau Chinois" face aux Maâdid culmine à 1175 mètres. Ici, vu du poste de Régata.

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Collection J. Adell

Au matin, après avoir pris un café soluble dans notre car, avec de la neige comme eau, puis chauffé avec notre petit réchaud à pastille de métas et d'une tranche de pain, nous retournons à pied en direction de la ferme S.A.R. après quelques fouilles de plusieurs villages. Aucune trace des fuyards et nous rentrons bredouille. Triste noël que celui de décembre 1960 !

*

Un piège à la Ferme S.A.R.

Un soir de février 1961, à la ferme S.A.R. où cantonnait le Commando V66, un homme pris dans les barbelés entourant le camp se mit à crier : "Venez vite à mon secours, les fellagas sont en train d'égorger ma famille dans un village voisin." L'homme fut conduit auprès du Capitaine qui, au premier coup d'oeil, sentit le piège. Il décida d'enfermer l'homme. Le lendemain, le Capitaine le fit venir dans son bureau et l'interrogea. L'homme finit par reconnaître qu'il était un fellaga et que sa mission était de faire venir des soldats dans son village. Une embuscade était prête. Une opération fut montée qui permit d'arrêter plusieurs fellagas avec leurs armes, munis de faux papiers.  

 

Posté par auboin à 19:00 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires sur HOMMAGE AU CAPITAINE DURANTON Le Capitaine

    Souvenir

    Simple fait du hasard j'ai récupéré dans un dépot-vente un casque lourd de type US
    datant de la deuxieme guerre mondiale dans lequel est gravé le nom de PIGNOL ainsi que 2 e Compagnie . Il est possible que les soldats Français en Algérie ont été équipés de casques US . Si le casque en question a appartenu vraiment a Pignol il est certainement chargé d'histoire .

    Posté par Pignol, 10 février 2016 à 19:31
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